Tout savoir sur l’iode : ses caractéristiques, son historique, sa structure, ses propriétés, sa nutrition, ses effets et ses contre-indications
Participant dans la synthèse des hormones thyroïdiennes, l’iode est un oligoélément essentiel que l’organisme réclame tout au long de la vie. Indispensable au bon fonctionnement du corps, il contribue à la régulation du métabolisme et à la croissance normale. La carence comme l’excès en ce nutriment peuvent entraîner des problèmes de santé.
Description de l’iode
L’iode appartient à la famille des halogènes. Relativement rare dans le milieu naturel, il occupe la 47e place dans l’écorce terrestre. Cet élément se trouve principalement dans l’eau de mer. Il présente un goût tranchant et âcre, ainsi qu’une odeur piquante et irritante. L’iodine est l’un des oligoéléments les plus lourds. Il est employé comme cofacteur par certaines bactéries. Sa faible toxicité, son affinité avec les composés organiques et sa masse atomique élevée en font un agent de contraste utilisé en radiographie.
Histoire de l’iode
En 1811, Bernard Courtois, chimiste et producteur de salpêtre dans les cendres d’algues marines, a découvert le Molecular iodine. La nature élémentaire de ce dernier a suscité son intérêt. En se basant sur les résultats des études réalisées, les chimistes et physiciens Gay-Lussac et Davy ont confirmé qu’il s’agit d’un nouvel élément chimique. Dans une publication du 1ᵉʳ août 1814, Gay-Lussac lui attribue son nom. Le terme « iode » est dérivé du mot grec ἰοειδής / ioeidḗs signifiant « violet », en raison de la teinte de sa vapeur lorsqu’il est chauffé.
Structure l’iode
L’iodine se présente sous forme diatomique, désigné couramment comme le diiode « I2 », un solide gris métallique émettant des vapeurs violettes. Il peut se retrouver sous différents degrés d’oxydation, mais l’état prédominant est -1, sous forme d’ion iodure (I⁻). La présence d’oxygène atmosphérique entraîne une oxydation progressive des iodures, libérant ainsi du diiode. Il est possible d’empêcher ce phénomène en remplaçant les ions iodure par les ions iodate (IO₃⁻).
Actions de l’iode
L’iode intervient dans la production des hormones thyroïdiennes. Ces dernières occupent un rôle important dans la régulation de divers processus physiologiques tels que :
- la température corporelle ;
- le métabolisme de base ;
- la croissance ;
- le processus de maturation cellulaire ;
- le fonctionnement musculaire ;
- le fonctionnement nerveux ;
- l’homéostasie glucidique et lipidique ;
- la synthèse protéique.
En favorisant la synthèse des hormones thyroïdiennes, cet oligoélément participe au développement neurologique du fœtus et des nouveau-nés. Il est aussi connu pour son action sur la fonction cognitive comme le raisonnement et la mémoire.
Iode en nutrition
Les poissons, les fruits de mer, les œufs, les algues et les produits laitiers sont parmi les aliments les plus riches en iode. Le sel enrichi en iodine présente également un taux intéressant de cet élément.
Les sources d’iode
Voici quelques exemples d’aliments qui renferment ce nutriment.
| Aliments | Quantité d’iode (µg/100g) |
| Foie de morue en conserve | 368 |
| Sel iodé | 1 860 |
| Moule cuite | 195 |
| Églefin cuit | 260 |
| Thon cuit | 150 |
| Fromage de brebis | 124 |
| Cabillaud cuit | 120 |
| Bulot cuit | 114 |
| Huître | 88 |
| Crabe cuit | 100 |
| Parmesan | 80 |
| Merlan cuit | 80 |
| Palourde ou bigorneau cuit | 80 |
| Sardine à l’huile en conserve | 71 |
| Roquefort | 52 |
| Œuf cuit | 55 |
| Mozzarelle, emmental et crottin de chèvre | 30 à 44 |
| Lait de chèvre | 25 |
| Pain complet | 31 |
| Lait de vache, yaourt nature ou fromage blanc | 13 à 20 |
La quantité d’iodine dans les aliments varie en fonction du mode de cuisson ainsi que des conditions géographiques, culturelles, chimiques et terrestres.

Les apports quotidiens conseillés en iode
Les besoins en iode sont souvent comblés par une alimentation variée et équilibrée. Ils varient suivant l’activité physiologique et l’âge. Le tableau ci-dessous indique les références nutritionnelles pour cet oligoélément.
| Âge | Apport nutritionnel recommandé par jour |
| Moins de 6 mois | 90 µg |
| 6 mois à 1 an | 70 µg |
| 1 à 10 ans | 90 µg |
| 11 à 14 ans | 120 µg |
| 15 à 17 ans | 130 µg |
| 18 ans et plus | 150 µg |
Chez les femmes enceintes ou allaitantes, les besoins en iode s’élèvent à 220 µg/j. Les sportifs, en particulier ceux pratiquant des activités entraînant une sudation importante, sont tenus d’augmenter l’apport quotidien en ce nutriment. Les fumeurs ont aussi un besoin en iodine plus élevé en raison de certains composants présents dans la fumée, tels que les thyocyanates. Ces derniers diminuent l’assimilation de l’oligoélément par la glande thyroïde.
Effets de la carence en iode
Les carences en iode sont rares dans les pays développés, où l’alimentation est diversifiée. En revanche, ce problème est fréquent dans les pays en développement et dans les zones montagneuses. La déficience en ce nutriment peut avoir des conséquences graves. Elle risque d’engendrer des retards de croissance et des troubles mentaux, tant chez l’enfant que chez l’adulte. Les symptômes de la carence en iodine se manifestent par la fatigue, la constipation, la prise de poids, les règles abondantes, la crampe musculaire, etc.
Les individus les plus susceptibles de présenter un déficit en iode comprennent les végétariens et les végétaliens. Les femmes enceintes et celles qui allaitent peuvent aussi souffrir d’une carence en ce nutriment.
Pour prévenir ce problème, il est conseillé d’intégrer des sources de cet oligoélément dans votre alimentation. Utilisez du sel de table iodé afin d’assaisonner vos repas. En cas de carence avérée, un professionnel de la santé peut prescrire des compléments alimentaires enrichis en iodine. Ces produits sont souvent pris par voie orale. Cependant, l’auto-administration de suppléments sans avis médical peut entraîner des problèmes de santé. Ainsi, il est crucial de consulter un médecin.
Conséquences de l’excès d’iode
Consommé en excès, l’iode provoque de la nervosité, des troubles digestifs, des problèmes rénaux et cardiaques ainsi que de l’hypersalivation. La saturation de cet élément dans l’organisme entraîne également de l’hyperthyroïdie et du cancer de la thyroïde. Afin d’écarter ces troubles, il importe de respecter la limite sécuritaire recommandée, qui est de 600 mg/j pour un adulte.
Contre-indications et précautions
Si vous prenez des anticoagulants, une surveillance médicale est essentielle en vue de vérifier l’impact du taux d’iode sur l’efficacité de votre traitement. En effet, cet élément est susceptible de diminuer les actions de ce médicament sur l’organisme. Par ailleurs, l’iodine peut augmenter notamment les effets des traitements contre l’hyperthyroïdie.
La surconsommation de sel est déconseillée, car cela peut provoquer des problèmes cardiovasculaires et de l’hypertension artérielle.
Si vous avez des préoccupations concernant votre apport en iode, consultez un médecin ou un diététicien. Seul un professionnel est en mesure d’évaluer vos besoins individuels et de recommander des ajustements si nécessaire.