Tout savoir sur les protéines fibreuses : ses caractéristiques, son historique, ses propriétés, sa place en nutrition et ses applications
Les protéines fibreuses ou scléroprotéines forment la charpente des tissus vivants dans le corps humain. L’organisme agence la séquence des acides aminés selon des procédés complexes afin de les produire. Certains des aminoacides entrant dans la formation de ces éléments structuraux peuvent être fabriqués par l’organisme. Ceux qualifiés d’essentiels proviennent des aliments. Aussi, une alimentation équilibrée permet de favoriser la biosynthèse de ces nutriments dans votre organisme.
Description des protéines fibreuses
Les protéines sont présentes dans le corps humain pour assurer différentes fonctions métaboliques. Elles participent ainsi au maintien de la forme et de la santé. Ces éléments sont composés de 22 acides aminés rattachés par des liaisons peptidiques. Ces macromolécules peuvent aussi être formées par une ou plusieurs chaînes polypeptidiques selon leur nature et leurs fonctions.
La biosynthèse des protéines par l’organisme s’effectue au niveau des cellules. Cette opération complexe est réalisée selon les informations émises par les gènes. Les codes génétiques vont alors définir la séquence des polypeptides, c’est-à-dire l’enchaînement des 22 acides aminés formant les protéines.
Ainsi, il existe trois groupes distincts de protéines selon leur formation et leur structure :
- protéines fibreuses ;
- protéines globulaires ;
- protéines membranaires.
La première catégorie entre dans la structuration et la formation des tissus et des organes. Ces types de macronutriments sont constitués de longues chaînes peptidiques, et ont l’aspect de filaments. Ces éléments ne sont pas solubles dans l’eau.
Historique des protéines fibreuses
La découverte des protéines est attribuée à un chimiste organicien néerlandais du nom de Gerardus Johannes Mulder. Il a identifié ces éléments à partir de ses expériences chimiques sur le blanc d’œuf en 1835. Ce scientifique les a ainsi dénommées wortelstof.
En 1838, il baptisa ces éléments « protéines », à la suite des suggestions par correspondance privée avec le savant suédois Jöns Jacob Berzelius.
Propriétés des protéines fibreuses
Les protéines fibreuses jouent principalement un rôle structural, ce qui exclut leur participation dans la synthèse d’enzymes ou d’hormones. Par conséquent, elles ne sont pas impliquées dans les réactions chimiques.
Les scléroprotéines se présentent sous différentes formes et ont chacune leurs propres rôles.
Le collagène est présent au niveau des os, des cartilages, des muscles, de la peau… Il est également sécrété par les cellules des tissus conjonctifs. Cette protéine fibreuse entretient l’élasticité de la peau. Elle contribue aussi à maintenir la densité osseuse, et à entretenir la santé des articulations. Il s’agit de la protéine la plus abondante dans l’organisme humain.
L’élastine est un constituant fondamental des tissus conjonctifs, des vaisseaux sanguins, des ligaments, de la peau et des autres organes du corps. Elle entretient la robustesse et l’élasticité des tissus. Cette fibre élastique joue aussi un rôle important dans l’hydratation de la peau.

La kératine compose les phanères : ongles, poils, cheveux… Chez les animaux, elle forme les becs, les poils, le plus, les cornes, etc. En outre, la peau des équidés est formée à 95 % de cette protéine fibreuse. Celle-ci les protège du rayonnement solaire.
Protéines fibreuses et nutrition
L’organisme effectue l’assemblage de 22 acides aminés lors de la biosynthèse des protéines. Parmi ces acides carboxyliques, neuf d’entre eux ne sont pas synthétisés par le corps humain. Il est alors indispensable de s’en approvisionner par des aliments protidiques.
Aliments d’origine animale à privilégier
Les aliments d’origine animale fournissent tous les aminoacides essentiels à l’Homme. Ils complètent aussi ceux déjà fabriqués par l’organisme.
Le tableau suivant indique les nourritures d’origine animale à privilégier pour un meilleur apport en protéines.
| Aliments d’origine animale | Portion/quantité (g) | Protéines fournies (g) |
| Morue séchée | 100 | 47,6 |
| Jarret ou épaule de veau | 100 | 37 |
| Parmesan | 100 | 34 |
| Poulet | 100 | 31 |
| Viande de bœuf | 100 | 30 |
| Viande de cheval, gibier | 100 | 28 |
| Sole, cabillaud, morue | 100 | 23 à 26 |
| Maquereau, truite, saumon | 100 | 23 à 25 |
| Cheddar | 100 | 22 à 24 |
| Fève de soja | 30 | 10 |
| Jambon de dinde | 50 | 9 |
| Fromage blanc | 100 | 8 |
| Yaourt grec | 100 | 8 |
| Yaourt de 0 à 2 % de matières grasses | 100 | 4 |
| Lait de 0 à 2 % de matières grasses | 100 | 3,4 |
Aliments végétaux conseillés
Des nourritures d’origine végétale fournissent à l’Homme des nutriments phares pour l’élaboration de protéines fibreuses. Les tableaux ci-dessous présentent les types d’aliments à privilégier pour l’approvisionnement de l’organisme en protéines.
| Légumes/légumineuses/oléagineux | ||
| Aliments | Quantité (g) | Protéines fournies (g) |
| Soja (graines non cuites) | 100 | 34 |
| Graines de courge | 100 | 30 |
| Beurre de cacahuète | 100 | 22,5 |
| Graines de tournesol | 100 | 21,3 |
| Graine de sésame | 100 | 21 |
| Tofu | 100 | 20 |
| Petit pois cuit | 100 | 6 |
| Quinoa cuit | 75 | 3 |
| Fruits | ||
| Baie de goji | 100 | 12 à 14 |
| Abricot | 100 | 5 |
| Raisins secs | 100 | 3 |
| Pruneaux | 100 | 2,2 |
| Avocat | 100 | 1,56 |
Applications des protéines fibreuses
L’apport journalier conseillé en protéines pour un adulte est d’environ 0,8 g/kg. La teneur indiquée est plus importante pour les enfants et les adolescents, car elle est de 0,85 à 1,2 g/kg/j. Pour les femmes enceintes, il est recommandé d’en consommer entre 1,1 et 1,3 g/kg/j.
La quantité journalière en ces macronutriments pour un sportif d’endurance s’élève à 1,2 à 1,4 g/kg/j. Elle est de 1,2 à 1,7 g/kg/j pour un sportif de force.
Carence et excès en protéines
La carence en protéines entraîne la perte des cheveux et la fragilité des ongles. Elle se caractérise aussi par de la faiblesse musculaire et des fringales répétitives. La déficience en ces nutriments engendre encore un affaiblissement du système immunitaire. Par conséquent, votre organisme sera sensible aux troubles et aux maladies.
Une consommation excessive de ce macronutriment accroît les risques de contracter un cancer du côlon. Cela engendre aussi une perte importante en calcium, et un risque de développer des troubles rénaux.
Ainsi, misez sur une alimentation équilibrée afin de mieux réguler l’approvisionnement de votre organisme en protéines.