Tout savoir sur la vitamine B1 : ses caractéristiques, son historique, sa structure et ses propriétés, sa nutrition et ses applications
La vitamine B1, appelée également « thiamine » ou « aneurine », est un micronutriment qui génère de la thiamine pyrophosphate ou TPP après métabolisation. Cette dernière est synthétisée par les champignons, les plantes et les bactéries, mais pas par le corps humain. Elle doit donc être apportée par l’alimentation. En transformant les glucides en énergie, elle est indispensable aux muscles et au système nerveux.
La description de la vitamine B1
La vitamine B1, hydrosoluble, comporte un noyau pyrimidique connecté à un nucleus thiazole. Ce dernier renferme un atome d’azote quaternaire. Le chlorhydrate d’aneurine, forme stable de cet oligoélément, se caractérise par son aspect de cristaux blancs. Ces derniers sont inodores lorsqu’ils sont purs.
La thiamine est présente dans le plasma sous la forme de pyrophosphate ou encore sous une forme libre. Elle se retrouve dans le cœur, le rein, le cerveau et le foie. Les réserves dans ces tissus ne sont pas importantes, ce qui nécessite un apport alimentaire suffisant.
L’organisme n’est pas capable de stocker la vitamine B1 en quantité suffisante. Par ailleurs, il en perd dans les déperditions d’eau (urines et sueurs) lors d’échanges métaboliques accrus. Ce phénomène peut arriver en cas d’activité physique soutenue, de grossesse, d’allaitement, d’hyperthyroïdie ou encore d’infections et de fièvre. Ces cas requièrent de remplacer les pertes en augmentant les apports nutritionnels.
La structure de la vitamine B1 a été déterminée lors de la réalisation de sa synthèse. Il a été découvert qu’elle comporte un cycle pyrimidique relié à un autre thiazole azoté et soufré par un pont méthylène. Ce dernier est sensible à la chaleur et à une enzyme appelée « thiaminase ».
L’historique de la vitamine B1
Le biochimiste japonais du nom d’Umetarō Suzuki était en train de faire des recherches sur le béribéri en 1910. À cette occasion, il découvrit l’aneurine ou la thiamine et la baptisa « acide abérique ».
Deux ans plus tard, Kazimierz Funk, un biologiste polonais, isola la même molécule et lui donna le nom de « vitamine ». Ainsi est née la toute première vitamine hydrosoluble en 1912.
Dix-neuf ans plus tard, en 1931, le chimiste allemand Adolf Otto Reinhold Windaus établit sa formule chimique.
Le scientifique austro-hongrois Hans Andersag de la société IG Farbenindustrie réalisa sa synthèse pour la première fois en 1936.
Les propriétés de la vitamine B1
La vitamine B1 convertit les glucides en énergie, et sert à la métabolisation des acides aminés. La thiamine diphosphokinase la transforme en TPP ou thiamine pyrophosphate dans le foie. Ce rôle lui confère des propriétés bénéfiques sur la réflexion, la concentration, la mémoire et sur le système nerveux en général. Par ailleurs, elle s’avère efficace contre les crampes musculaires.
La thiamine est préconisée principalement pour les propriétés suivantes.

Soutient le sevrage alcoolique
Elle soutient les traitements de l’alcoolisme chronique en dégradant les molécules d’alcool. Dans son processus de métabolisation de l’alcool, la vitamine B1 constitue un détoxifiant hépatique. Elle aide le foie dans la dégradation de l’éthanol.
Rééquilibre le système nerveux
Elle intervient dans la fabrication du neurotransmetteur appelé « acétylcholine ». Ce dernier agit sur le système nerveux central, et contribue à améliorer l’apprentissage ainsi que la mémorisation. Il est également impliqué dans les fonctions végétatives et musculaires.
Contribue au métabolisme énergétique
La thiamine favorise la métabolisation normale des macronutriments. En tant que coenzyme, elle se charge de la fabrication des acides aminés ramifiés et des acides gras. Elle participe également à la dégradation du glucose.
La vitamine B1 dans les aliments
La vitamine B1 est indispensable à l’organisme pour son rôle de transformateur des glucides en énergie. Le corps humain ne peut pas la synthétiser, elle doit être apportée par le biais de l’alimentation. Elle se trouve dans des aliments qui peuvent être d’origine animale ou végétale.
Le tableau suivant donne un aperçu de la quantité de vitamine B1 que certains aliments apportent dans une portion de 100 g.
| Aliments | Quantité de vitamine B1 dans 100 g |
| Levure de bière en paillettes | 30 mg |
| Gelée royale | 4,3 mg |
| Son de riz | 2,75 mg |
| Spiruline séchée | 2,38 mg |
| Graine de tournesol | 2,3 mg |
| Germe de blé | 2,1 mg |
| Levure de bière sèche | 1,82 mg |
| Graines de soja | 1,3 mg |
| Graines de sésame grillées | 1,21 mg |
| Noix de macadamia | 1,2 mg |
| Son d’avoine | 1,17 mg |
| Levure de boulanger | 11 mg |
| Œufs de poisson | 1 mg |
| Salami sec | 0,9 mg |
| Pistache | 0,8 mg |
| Graine de pavot | 0,8 mg |
| Chipolata | 0,7 mg |
| Bacon cru | 0,7 mg |
| Jambon | 0,7 mg |
| Paprika | 0,6 mg |
| Noix du Brésil | 0,6 mg |
| Chorizo | 0,6 mg |
| Graine de cumin | 0,6 mg |
| Porc | 0,6 mg |
| Petit lait séché | 0,5 mg |
| Lentilles sèches | 0,4 mg |
| Riz complet | 0,3 mg |
| Foie de bœuf | 0,3 mg |
| Châtaignes | 0,2 mg |
| Huîtres | 0,2 mg |
| Pomme de terre | 0,1 mg |
| Asperge | 0,1 mg |
Le deuxième tableau qui suit indique les apports recommandés selon les âges et les sexes.
| Catégories de personnes | Apports recommandés |
| Femmes enceintes | 1,8 mg/jour |
| Femmes allaitantes | 1,8 mg/jour |
| Hommes adultes de 20 à 75 ans | 1,3 mg/jour |
| Adolescents de 16 à 19 ans | 1,3 mg/jour |
| Adolescents de 13 à 15 ans | 1,3 mg/jour |
| Hommes ou femmes de plus de 75 ans | 1,2 mg/jour |
| Femmes adultes de 20 à 75 ans | 1,1 mg/jour |
| Adolescentes de 16 à 19 ans | 1,1 mg/jour |
| Adolescentes de 13 à 15 ans | 1,1 mg/jour |
| Enfants de 10 à 12 ans | 1,0 mg/jour |
| Enfants de 7 à 9 ans | 0,8 mg/jour |
| Enfants de 4 à 6 ans | 0,6 mg/jour |
| Enfants de 1 à 3 ans | 0,4 mg/jour |
| Nourrissons de 6 mois et plus | 0,3 mg/jour |
| Nourrissons de moins de 6 mois | 0,2 mg/jour |
En France, les apports nutritionnels recommandés sont établis par l’Anses ou Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
Les applications de la vitamine B1
Combinée avec la vitamine B6, la vitamine B1 soutient les circuits neuronaux et le foie lors d’un sevrage alcoolique.
Son association avec les vitamines B6 et B12 lui attribue, à forte dose, une action analgésique. En arrêtant les stimuli nerveux, elle ferme l’accès aux douleurs.
Il semblerait, par ailleurs, que sa combinaison avec l’arginine et la vitamine B6 aurait un effet bénéfique contre la fatigue. Cette activité n’a pas encore été cliniquement reconnue.
Une carence en thiamine peut entrainer des problèmes neurologiques, une insuffisance cardiaque ou des pathologies comme le béribéri.
La préservation de la vitamine B1 en cuisine
Certaines précautions doivent être prises pour préserver la vitamine B1 en cuisine. Parmi celles-ci figurent les suivantes.
Une consommation rapide
Il est vivement conseillé de consommer les aliments le plus rapidement possible après ouverture de leur emballage. La thiamine étant sensible à l’oxygène, cette précaution permet de limiter sa destruction.
Une découpe adaptée
Une découpe large est recommandée pour préserver les stocks de vitamine B1. Ce faisant, l’objectif est de réduire la surface qui met l’aliment en contact avec l’oxygène.
Une cuisson adaptée
Il ne faut pas oublier que la thiamine est soluble dans l’eau. La consommation crue des aliments est donc la meilleure option, si possible. Dans le cas contraire, une cuisson douce et rapide, avec peu d’eau, est conseillée. Ainsi, il est préférable de privilégier, par exemple, la cuisson à la vapeur, sous vide ou au wok.
Un blanchiment avant congélation
Avant de congeler des aliments, il est recommandé de les blanchir dans le but de détruire les enzymes oxydases. Ces derniers ont, en effet, la réputation de détruire la vitamine B1.