Tout savoir sur la vitamine B12 : ses caractéristiques, son historique, sa structure et ses propriétés, sa nutrition et ses applications
La vitamine B12, également connue sous le nom de cobalamine, intervient dans le processus de formation du sang. Par ailleurs, elle est indispensable au bon fonctionnement du système nerveux, notamment du cerveau.
La description de la vitamine B12
À l’instar de toutes les vitamines du groupe B, ce nutriment est hydrosoluble, c’est-à-dire qu’il est soluble dans l’eau. Cette caractéristique limite le risque de surdosage, puisque la cobalamine est facilement excrétée par les reins dans l’urine.
Elle est résistante à la chaleur, donc à la cuisson. Cependant, cette vitamine est inactivée par la lumière. Comme l’organisme n’en fabrique pas, elle est apportée par les aliments, absorbée par l’intestin grêle et stockée par le foie.
L’historique de la vitamine B12
Une maladie mortelle du nom d’anémie pernicieuse a sévi dans les années 1800. Elle a permis de mettre en avant la vitamine B12, grâce aux recherches scientifiques effectuées à cette époque. Au début du XIXe siècle, la description de cette pathologie a fait avancer les études menées par des auteurs tels qu’Anton Biermer ou Thomas Addison sur ce nutriment.
Au début du XXe siècle, vers 1920, de nombreux chercheurs ont démontré la capacité des extraits de foie à corriger certaines anémies. Les médecins américains William Murphy, George Minot, George Whipple ont tous appuyé cette thèse. Il en est de même pour Frieda Robscheit Robbins, la présidente de la « New York Society for Medical Research ».
Le rôle joué par ce micronutriment dans la fabrication des globules rouges, et par conséquent, dans le traitement de l’anémie, a été mis en avant. En 1948, Dorothy Hodgkin, une chimiste britannique, a identifié sa structure tridimensionnelle. L’étude de sa synthèse par les micro-organismes n’a pris fin qu’en 2007.
La structure et les propriétés de la vitamine B12
La molécule de vitamine B12 renferme un ion cobalt qui lui a valu sa dénomination de « cobalamine ». Elle existe sous différentes formes portant cette même désignation : l’hydroxocobalamine, la cyanocobalamine, l’adénosylcobalamine et la méthylcobalamine. Elle se caractérise par sa présence exclusive dans les aliments d’origine animale.
Cette particularité signifie qu’une baisse de la consommation de ces derniers entraîne une diminution de l’apport, et par conséquent, le recours à une supplémentation. Cette dernière s’effectue à l’aide de compléments alimentaires, nécessaires pour toute personne qui adopte un régime végétarien, végétalien ou végan.
La vitamine B12 est reconnue pour de nombreuses propriétés, dont les principales sont :
Anti-inflammatoire
Elle joue un rôle important dans la transformation de l’homocystéine en méthionine. La première est un acide aminé qui possède une propriété pro-inflammatoire, contrairement à la deuxième. La cobalamine permet ainsi de la neutraliser.

Antianémique
Comme elle intervient dans la dernière étape de l’hématopoïèse, la vitamine B12 participe à la synthèse des globules rouges.
Contribue à la production d’énergie
Elle contribue à la conversion de l’acteur métabolique appelé succinyl-CoA. Ce faisant, elle aide à la production d’acides gras et de glucose. Ce nutriment joue aussi un rôle dans le catabolisme d’acides aminés tels que la méthionine, la thréonine, la valine et l’isoleucine.
Participe à l’expression génétique
La vitamine B12 a pour particularité d’activer l’acide folique en le poussant à agir sur la synthèse de l’ADN. Elle est ainsi une coenzyme indispensable dans l’expression génétique de l’ADN.
Contribue à développer le système nerveux
La cobalamine est utile à la formation et à la réparation des membranes qui entourent les axones. Connues sous le nom de « gaines de myéline », ces enveloppes ont pour rôle de protéger les fibres nerveuses.
Prévient de nombreuses pathologies
La vitamine B12 est reconnue pour contribuer à la prévention de nombreuses pathologies telles que les affections cardiovasculaires. Elle est aussi préconisée pour réduire les risques de maladie thromboembolique et d’Alzheimer.
La vitamine B12 en nutrition
Le tableau suivant indique quelques aliments qui renferment ce micronutriment en bonne quantité.
| Aliments | Teneur/100 g | |
| Viande | ||
| foie de bœuf | 110 µg | |
| foie d’agneau | 70 µg | |
| foie de mouton | 65 µg | |
| foie de veau | 60 µg | |
| rognons cuits | 41,9 µg | |
| rognons de bœuf | 35 µg | |
| rognons de veau | 25 µg | |
| foie de volaille | 20 µg | |
| rognons de porc | 15 µg | |
| cœur de bœuf cuit | 14 µg | |
| viande cuite | 2,09 µg | |
| charcuterie | 1,64 µg | |
| volaille cuite | 0,0534 µg | |
| saucisse | 0,0396 µg | |
| Animaux marins | ||
| palourdes cuites à l’eau | 99 µg | |
| poulpe bouilli | 36 µg | |
| pieuvre | 20 µg | |
| moules cuites à l’eau | 18 µg | |
| fruits de mer | 16 µg | |
| hareng | 15 µg | |
| huîtres | 15 µg | |
| maquereau | 12 µg | |
| sardines | 12 µg | |
| hareng fumé | 11,8 µg | |
| morue séchée | 10 µg | |
| crabe | 10 µg | |
| hareng mariné | 5 µg | |
| thon | 4 µg | |
| saumon | 4 µg | |
| thon à l’huile appertisé | 3,13 µg | |
| saumon à la vapeur (cuit) | 3,05 µg | |
| poisson cuit | 2,55 µg | |
| Œufs | ||
| jaune d’œuf cru | 3 µg | |
| Produits laitiers | ||
| fromage frais | 1,28 µg | |
| camembert au lait cru | 0,85 µg | |
Dans certains, des aliments qui sont enrichis en vitamine B12 sont disponibles. Parmi eux figurent des compléments alimentaires, des substituts d’œufs, des jus multivitaminés, des céréales ou encore des laits végétaux.
Les applications de la vitamine B12
La cobalamine présente de nombreuses applications. Elle est recommandée en cas de :
Carence
Elle est administrée par voie orale ou par voie intramusculaire à fortes doses en cas de carence. À la suite d’une chirurgie bariatrique destinée à traiter l’obésité, un apport de 500 µg par jour est recommandé pour compenser la faible assimilation de cet élément par l’organisme.
Prévention cardiovasculaire
Un déficit en vitamine B12 entraîne une augmentation du taux d’homocystéine. En excès, ce composé accroît le risque cardiovasculaire.
Intoxication au cyanure
Dans de tels cas, l’injection d’hydroxocobalamine est indispensable. Elle se fixe aux ions cyanures pour permettre ensuite d’éliminer ceux-ci dans les urines.
Maintien des facultés intellectuelles
À la suite de tests effectués sur des personnes âgées, un lien a été observé et établi entre une carence en vitamine B12 et le déclin des facultés cognitives.
Le végétalisme et la vitamine B12
La cobalamine étant uniquement apportée par les nourritures d’origine animale, cela signifie que les aliments végétaux n’en contiennent pas. Ainsi, les personnes qui suivent un régime végétarien ou végétalien risquent de présenter des hypovitaminoses.
Comme un déficit sévère peut entraîner des troubles graves, la supplémentation systématique est recommandée. Elle peut être prise sous forme de fioles de vitamine B12, accessibles en pharmacie, ou de comprimés. Vous pouvez aussi la trouver sous forme d’aliments enrichis comme de la levure nutritionnelle et certains produits énergétiques.
Le régime végétarien fournit un apport élevé en acide folique, ce qui rend difficile la détection d’une carence en cobalamine. Les symptômes du déficit sont masqués ou retardés. Par ailleurs, ces personnes utilisent le tempeh et la spiruline à tort comme sources de vitamine B12, alors que ces aliments n’en contiennent quasiment pas.