La banane : son étymologie, son histoire, sa description, sa floraison, ses types, ses compositions, ses utilisations en phytothérapie, ses bienfaits et ses contre-indications
La banane est originaire de l’Asie du Sud-Est et a suivi les migrations humaines vers l’Afrique, les îles du Pacifique et la péninsule indienne. Elle s’est grandement diversifiée sous l’influence des interventions humaines et de l’évolution naturelle. À ce jour, trois types de bananes se distinguent : celles dites « douces », celles à cuire et celles à bière. Quoi qu’il en soit, ce fruit est riche en potassium, en magnésium, en vitamine C, en phosphore et en d’autres nutriments. Ses composants lui confèrent de nombreux bienfaits sur la santé. La banane peut également être utilisée dans d’autres domaines comme la cuisine et la cosmétologie. Toutefois, sa consommation doit être régulée, voire prohibée, pour une certaine catégorie de personnes.
Étymologie
Le mot « banane » trouve son origine dans le terme portugais banana, qui est lui-même dérivé du bantou de Guinée. Apparemment, ce mot signifierait « doigt ».
Ce fruit est connu sous le nom de « figue » à La Réunion et aux Antilles. Il porte aussi cette même dénomination en langue créole.
Origine de la banane
La banane est le fruit des espèces de bananiers sauvages appartenant au genre Musa. La plupart des bananes consommées sont issues du Musa acuminata et du Musa balbisiana. La première espèce est originaire de Birmanie, d’Indochine, de Thaïlande et de Bornéo. La deuxième provient des Philippines, de l’est de la Nouvelle-Guinée, du sud de la Chine, du nord de la Birmanie, de l’Inde et du Sri Lanka.

Histoire de la banane
La banane est un fruit très ancien, dont la première trace fossile remonte au Cénozoïque.
À l’ère cénozoïque
La plus ancienne trace fossile de bananier remonte à l’ère cénozoïque, il y a plus de 50 millions d’années. Elle permet de supposer que cette plante soit originaire du sud-est de l’Asie et se soit étendue du nord-est de l’Inde à l’extrême nord de l’Australie. La première culture de bananiers par l’Homme remonte à environ 10 000 ans. Le tronc de cette plante était utilisé pour fabriquer des cordages et des vêtements. Ses feuilles étaient recyclées en emballage de cuisson, en assiettes…
600 à 327 ans av. J.-C.
600 à 500 ans av. J.-C., la banane apparaissait dans les écritures en langue pāli. Elle représentait « la fragilité et l’instabilité des choses de ce monde » selon les bouddhistes. En l’an 327 av. J.-C., Alexandre le Grand aurait défendu ses soldats de consommer ce fruit. Il aurait craint que ce dernier réduise leur force en leur imposant une longue digestion. À l’inverse, d’autres historiens attribuent à cet ancien roi de Macédoine l’insertion de la banane d’Inde au monde occidental.
Entre 650 et 1602
En l’an 650, des conquérants islamistes importent ce fruit à Madagascar et en Palestine. Les négociants et les marchands d’esclaves arabes le transportent, à leur tour, sur le continent africain. En 1402, les marins portugais découvrent la banane sur la façade atlantique de ce dernier et décident de la cultiver sur les îles Canaries. Celle-ci devient vite populaire dans les Caraïbes et en Amérique centrale après son introduction à Santo Domingo par le moine franciscain portugais Fray Tomas de Berlanga en 1516.
En 1602, le terme « banane » issu du mot portugais banana voit le jour.
À partir du XVIIIe siècle
Au XVIIIe siècle, la banane gagne en notoriété dans les Antilles, si bien que trois millions de bananiers sont recensés en Martinique. À partir du XIXe siècle, ce fruit envahit les marchés français grâce à la sensibilisation de la chanteuse Joséphine Baker. Il se répand ensuite en Europe, bien que son commerce soit longtemps limité. Son véritable essor commence au début du XXe siècle après le développement des transports rapides et des techniques de conservation.
En 1915, 10 000 t de fruits, dont essentiellement des « Gros Michel », étaient importés en Europe depuis la Jamaïque. Il s’agit d’une variété de bananes desserts. 25 ans plus tard, la maladie de Panama a décimé les plantations de cette espèce, ce qui a provoqué sa disparition progressive. À partir de 1960, cette variété est systématiquement remplacée par des bananes résistantes à cette maladie qui appartiennent au sous-groupe Cavendish. De nos jours, la grande majorité des bananes desserts exportées sont de ce type. Elles sont gardées dans des entrepôts spacieux où la température est contrôlée. Si nécessaire, elles peuvent également être traitées au gaz éthylène afin d’accélérer leur mûrissement.
Sa description
La banane est la baie résultant de l’inflorescence de la plante monocotylédone appelée « bananier ». Ce fruit possède une pulpe blanc crème charnue ayant un goût sucré et une consistance généralement fondante. Son épicarpe, appelé « peau de banane », peut être vert, rouge ou jaune, selon les espèces et le niveau de maturité.

La banane sauvage contient des pépins anguleux durs, ce qui en fait une baie polycarpique. La plupart des variétés commerciales sont, quant à elles, triploïdes stériles et forment des baies parthénocarpiques. Autrement dit, elles ont été formées sans fécondation et sont dépourvues de pépins. Des petits points noirs correspondant aux ovules non fécondés sont observables lorsque cette variété de bananes est coupée dans le sens de la longueur.
Floraison et cueillette
La floraison du bananier se produit au bout de sept mois et les bananes sont mûres quatre mois plus tard. L’inflorescence formée sur la tige souterraine de la plante se développe au travers du faux tronc pour apparaître au centre des feuilles. Elle est dressée au début, mais se recourbe rapidement vers le sol sous l’effet du poids. Les fleurs apparaissant au bout de l’inflorescence (en dessous) sont mâles, tandis que celles situées vers le début (au-dessus) sont femelles. Elles sont implantées de manière transversale en plusieurs rangées doubles. Une bractée pourpre protège chacune de ces rangées. Chaque jour, une bractée s’enroule et tombe, entraînant ainsi la libération des fleurs prêtes à être pollinisées. La pollinisation est assurée par les chauves-souris si le bananier pousse dans la nature. Les fleurs femelles fécondées donnent naissance aux bananes, contrairement aux fleurs mâles qui sont stériles (leur ovaire atrophié est non fonctionnel).
Après la floraison, la tige ayant porté l’inflorescence se dessèche et celle qui est souterraine donne naissance à des rejets latéraux. Ces derniers donneront de nouvelles tiges capables de fleurir.
Types de bananes
Plusieurs systèmes de classement permettent d’identifier les bananes cultivées :
- Musa paradisiaca regroupe l’ensemble des variétés ;
- Musa paradisiaca est une dénomination des hybrides, tandis que Musa balbisiana ou Musa acuminata désigne les variétés non hybridées ;
- Musa acuminata balbisiana est utilisé pour désigner les variétés hybrides et Musa acuminata ou Musa balbisiana pour celles qui sont non hybridées ;
- Musa regroupe toutes les espèces cultivées.
Par ailleurs, sur les 1 000 ou 1 500 variétés existantes dans le monde, trois catégories principales sont à distinguer. Le domaine culinaire reconnaît la banane dessert, celle à cuire et celle destinée à la production de bière.
Les bananes douces ou les bananes desserts
Les bananes douces représentent 59 % de la production mondiale. La variété la plus célèbre est la banane Cavendish. Elle est particulièrement appréciée, car elle se conserve facilement à une température ambiante. L’amidon contenu dans sa chair moelleuse lui confère un goût doux et sucré. Ce fruit peut être consommé nature ou cuisiné pour agrémenter des desserts. D’autres variétés de cette catégorie existent aussi sur le marché, pour ne citer que la Poyo, la figue pomme et la banane rose.
Les bananes à cuire
Les bananes à cuire totalisent 41 % de la production mondiale. La plus connue d’entre elles est la banane plantain. Elle est nettement plus grosse que les bananes desserts. Bien qu’elle soit aussi savoureuse que ces dernières, elle propose une chair plus ferme. Celle-ci contient de l’amidon non hydrolysé, ce qui lui confère une plus faible teneur en sucre. Généralement comparée à la pomme de terre ou à la patate douce, elle ne se mange pas crue. Sa peau est de couleur vert-jaune ou mauve. Cette variété de bananes peut être sautée à la poêle, cuite au four, panée, bouillie, frite ou préparée à la vapeur.
Les bananes à bière
Les bananes à bière se caractérisent par une pulpe amère, ce qui explique le fait qu’elles soient rarement consommées directement. Elles se distinguent aussi par les nombreuses gouttelettes brunes émises par leur pulpe fraîchement coupée. Pour la comparaison, les gouttelettes des plantains sont moins nombreuses ou absentes, tandis que celles des bananes desserts sont toutes petites. Les bananes à bière sont produites uniquement en Afrique de l’Est, dans la région des Grands Lacs. Elles ne font l’objet d’aucun commerce international et sont consommées cuites en cas de disette.
Composition nutritionnelle de la banane
En termes d’énergie, 100 g de banane douce crue apporte 90,5 kcal si la même quantité de bananes plantains en procure 122 kcal. Ci-dessous un tableau récapitulatif des nutriments présents dans ce fruit.
| Composants | Teneur moyenne pour 100 g de banane douce crue | Teneur moyenne pour 100 g de banane plantain | |
| Nutriments | Eau | 75,8 g | 65,3 g |
| Glucides | 19,7 g | 29,6 g | |
| Protéines | 1,06 g | 1,28 g | |
| Lipides | < 0,5 g | 0,39 g | |
| Alcool | – | – | |
| Vitamines | Vitamine A | – | – |
| Bêta-carotène | 0,0258 mg | 0,457 mg | |
| Vitamine B1 | 0,054 mg | 0,052 mg | |
| Vitamine B2 | < 0,01 mg | 0,054 mg | |
| Vitamine B3 | 0,39 mg | 0,69 mg | |
| Vitamine B5 | 0,31 mg | 0,26 mg | |
| Vitamine B6 | 0,18 mg | 0,3 mg | |
| Vitamine B9 | 0,019 mg | 0,022 mg | |
| Vitamine B12 | – | – | |
| Vitamine C | 7,16 mg | 18,4 mg | |
| Vitamine D | – | – | |
| Vitamine E | < 0,08 mg | 0,14 mg | |
| Vitamine K1 | < 0,0008 mg | 0,0007 mg | |
| Vitamine K2 | – | – | |
| Minéraux | Calcium | 5,1 mg | 3 mg |
| Cuivre | 0,06 mg | 0,081 mg | |
| Fer | 0,2 mg | 0,6 mg | |
| Iode | < 0,02 mg | 0,0025 mg | |
| Magnésium | 28 mg | 37 mg | |
| Manganèse | 0,36 mg | – | |
| Phosphore | 29 mg | 34 mg | |
| Potassium | 320 mg | 499 mg | |
| Sélénium | < 0,02 mg | – | |
| Sodium (sel) | < 5 mg | 4 mg | |
| Zinc | 0,14 mg | 0,14 mg | |
La banane est ainsi une véritable source naturelle de vitamines (surtout B6, B9 et C), de magnésium, de potassium, de manganèse et de cuivre.
Utilisations et bienfaits de la banane en phytothérapie
La banane est souvent connue pour ses utilisations en cuisine et ses bienfaits sur la santé. Toutefois, sa peau peut aussi être employée de différentes manières.
4 façons d’utiliser la peau de banane et la pulpe
La pulpe et la peau de banane sont riches en fibres, en fer, en magnésium, en cuivre, en potassium et en vitamines.
Comme engrais naturel
Dans un cadre écologique, il est judicieux d’employer la peau de banane pour fertiliser les plantes. Trois options sont possibles :
- Laisser sécher cette partie du fruit. Une fois sèche, elle est à broyer jusqu’à ce qu’elle devienne une poudre. La disperser sur la terre où sont installées les plantes.
- Enrouler la peau de banane autour du pied de la plante avec la face tournée vers l’intérieur. Cette partie du fruit dégage des nutriments essentiels lorsqu’elle se décompose.
- Arroser les plantes d’extérieur et d’intérieur avec une infusion à base de peau de banane. Pour ce faire, il suffit de la placer dans un bocal rempli d’eau et de laisser reposer pendant deux jours.
Ces préparations boostent également la croissance des plantes.

Comme nettoyant pour feuilles
L’intérieur de la peau de banane est aussi utilisé pour dépoussiérer et faire briller les feuilles des plantes vertes.
Comme répulsif à insectes
La peau de banane est un excellent moyen de repousser les insectes qui sont friands de plantes. Pour cette utilisation, il convient de couper cette partie du fruit et de la tremper dans du vinaigre de cidre. Il faut ensuite la placer dans une bouteille en plastique percée. Les insectes seront attirés par l’odeur de la solution et se trouveront piégés.
Il est aussi possible de placer simplement la peau de banane au pied des plantes de manière à éloigner les parasites en tout genre.
Comme alliée beauté
Que ce soit en cosmétologie ou en phytothérapie, la banane est un ingrédient de choix composant des produits démaquillants, des baumes à lèvres… Elle a des effets apaisants, cicatrisants et revitalisants. Frotter les dents avec la peau de ce fruit pendant une minute permet de les faire briller grâce aux acides citrique et salicylique qui la composent. Cette partie permet de calmer les coups de soleil et les piqûres d’insectes. La peau de banane contribue au traitement des imperfections de la peau via un massage quotidien. Elle s’avère aussi efficace pour enlever les taches d’encre sur les mains.
Certaines personnes déposent un morceau de peau de banane sur une zone concernée par les verrues. Le cas échéant, il est recommandé d’ajouter un pansement.
Réaliser un gommage à la banane permet d’hydrater la peau et d’éliminer les cellules mortes. Les étapes sont simples : écraser une banane, ajouter deux cuillères à soupe de sucre, étaler la préparation sur le visage et rincer.
La banane en cuisine
Il n’est utile de peler la banane qu’au moment de la préparation ou de la consommation, car sa chair s’oxyde au contact du froid et de l’air. Si l’opération est obligatoire, il est recommandé de citronner légèrement la préparation. Concernant la banane plantain, son pelage est plus facile si elle est blanchie dans l’eau bouillante salée 5 min auparavant. Ci-dessous un tableau récapitulatif des caractéristiques des bananes et de leur durée de conservation.
| Couleur / apparence de la banane | Saveur, texture et arôme | État de maturation | Moment opportun pour la consommation | Occasion idéale pour la consommation |
| De couleur jaune pâle avec des extrémités vertes | Saveur acidulée, texture ferme et arôme herbacé ou boisé | En cours de maturation | Sous quatre à six jours | Au petit-déjeuner, pendant une collation, avant un effort physique ou pendant un entraînement sportif |
| De couleur jaune | Saveur douce, texture moelleuse et arôme délicat | Juste à maturité | Sous deux à quatre jours | Pour un dessert, un goûter ou un petit-déjeuner, avant un effort physique, etc. |
| De couleur jaune à motif tigré | Saveur sucrée, texture fondante et arôme spécifique | En pleine maturité | Sous deux jours | En dessert ou encore pendant et juste après un effort physique |
Ce fruit se conserve dans un compotier ou sur un comptoir à température ambiante. Le mûrissement des bananes vertes peut être accéléré si elles sont mises dans un sac de papier brun. Il est également possible de conserver les bananes au congélateur. Pour ce faire, il faut retirer la peau et transformer le fruit en purée ou en morceaux. Il est recommandé de l’arroser de jus de citron à la sortie afin d’empêcher son oxydation.
Qu’elles soient douces ou à cuire, les bananes peuvent être préparées :
- en version sucrée : ces bananes sont consommées crues, cuisinées dans un gâteau, écrasées dans une glace, transformées en compote, mélangées avec des produits laitiers… ;
- en version salée : ces bananes sont souvent frites, lardées, sautées à la poêle, coupées dans une salade, préparées dans un ragoût, cuites à la façon carpaccio…
Quoi qu’il en soit, ce fruit peut être utilisé comme condiment, accompagnement, dessert, etc.

Vertus phytothérapeutiques de la banane
La banane est riche en fibres alimentaires et en micronutriments, d’où sa place importante dans une alimentation saine et équilibrée. Ce fruit aide à :
Prévenir certains types de cancers
Selon une étude menée en 1997, une consommation importante de bananes permet de prévenir des cancers colorectaux, surtout chez l’homme. Cela correspond à une consommation de plus de 3 bananes par repas, soit 400 g.
Prévenir les maladies cardiovasculaires
Une consommation élevée de bananes réduit les radicaux libres présents dans le corps, deux heures après le repas. Cela diminue l’oxydation du mauvais cholestérol, un processus important lié aux maladies cardiovasculaires.
Comme ce fruit est aussi riche en potassium, il aide à lutter contre l’hypertension artérielle.
Protéger contre les ulcères d’estomac
Les variétés de bananes, surtout le plantain, protègent la muqueuse de l’estomac contre les ulcères.
Réduire les symptômes de diarrhée chronique
Des études menées au Bangladesh démontrent que la consommation de bananes diminue les symptômes de diarrhée chronique chez les enfants.
Mélanger du riz et des bananes plantains cuites diminue parfois le poids et le nombre de selles, ainsi que la durée de la diarrhée chez les bébés. Dans d’autres cas, manger 1/3 à 3 bananes non mûres par jour accélère le traitement de la diarrhée chronique et aiguë.
Aider les personnes souffrant de diabète de type 2
L’amidon résistant de la banane non mûre améliorerait la sensibilité des cellules à l’insuline. Il aiderait également les personnes obèses ayant un diabète de type 2 à perdre du poids.
Un extrait d’amidon résistant provenant des bananes non mûres réduirait également la glycémie et la production d’insuline. Cela serait valide, tant chez les personnes en bonne santé que chez celles souffrant de diabète de type 2.
Contre-indications et précautions d’emploi
La banane est un fruit allergisant pour certaines personnes, notamment celles ne supportant pas le pollen d’ambroisie ni le latex. Ainsi, il est vivement conseillé de rester vigilant aux moindres signes d’allergie orale après consommation. Ceux-ci peuvent être des démangeaisons, des sensations de brûlure à la gorge, aux lèvres ou à la bouche, etc. En cas de réaction, consulter un médecin allergologue est la meilleure option.
Les régimes amaigrissants à base de banane sont déconseillés aux personnes souffrant de diabète (de type 1 ou 2) ou encore d’intolérance au glucose. Manger une seule banane le matin risque d’entraîner des variations importantes de leur taux de sucre dans le sang. Ces diètes ne conviennent pas non plus aux personnes devant suivre un régime contrôlé en potassium, encore moins aux femmes enceintes et allaitantes.